|
Londres, dans un futur indéfini, n'est plus qu'une ville en ruine. Dans ce monde post-apocalyptique, dont on ne connait pas la cause du cataclysme, deux clans s'affrontent pour la domination de la ville. A l'extérieur, par-delà les murailles de la ville, des Mi-Hommes, créature génétiquement modifié, croisement entre un humain et un animal (porc, chien, chat, oiseau,...), survivent et larcinent. Par-delà leur territoire, d'autres cités existent dont on ne saura rien au final.
Afin de mettre un terme au conflit entre les deux clans et de réunifier la ville, Val Volson et Conor, chefs respectifs des deux clans, décident de faire un traité de paix. Signy, fille de Val Volson, est donnée en mariage à Conor afin de scellé définitivement ce pacte. Siggy, le frère de celle-ci, n'est pas de cet avis. Celui-ci recevra d'ailleurs un présent d'Odin, un mystérieux couteau, qui attisera les convoitises de Conor. Ce dernier, lors d'une embuscade, tuera Val Volson et laissera son fils pour mort. Mais ce dernier sera reccueilli par une Mi-Homme.
Basée sur une saga islandaise, l'histoire est modernisée et le fait que cela se passe dans le futur est, finalement, un peu anecdotique, comme son étiquette de science-fiction. Ce futur n'est par ailleurs jamais clairement défini de sorte que le lecteur ne sait pas à quoi s'attendre. D'autres incohérences surgissent, tel le dieu Odin, apparaissant par-ci par-là en fonction des besoins du récit. Il est à noter aussi que malgré les rivalités incessantes entre les deux clans, l'économie ne semble pas en être affectée. Le commerce entre les hommes, les Mi-Hommes et les créatures de Ragnor continue comme si de rien n'était. L'auteur puise aussi dans l'Histoire des deux Grandes Guerres et n'hésitent pas à faire références aux méthodes allemandes. Le décor est planté mais un peu de façon maladroite.
Le récit se fait par l'entremise d'un narrateur omniscient, Siggy, Signy et quelques interventions anecdotiques d'autres personnages. Cela a le mérite de dynamiser le récit et le style court et incisif de Burgess contribue à encore accentuer cette impression. Les personnages sont tout droit sortis d'une oeuvre de Shakespeare ou de la mythologie grecque. Inceste, jalousie, vengeance, amour, tous les grands thèmes dramatiques sont présents. La haine étant au centre du récit, les acteurs souffriront, physiquement et psychologiquement, tout au long du récit.
Burgess ne fait pas dans la dentelle. Le livre porte d'ailleurs bien son nom. Amateur de sang, vous serez combler. Personne sensible, par contre, s'abstenir. Malgré quelques défauts sur la cohérence de l'univers, le livre se laisse lire et vous en aurez très vite fini. Il ne vous restera plus qu'à attendre la suite.
Fiche de Rouge Sang de Melvin Burgess

|