|
Giroud clôt son oeuvre en 5 tomes de façon inattendue
1916, dans une base aérienne de la zone neutre de Macédoine, quatre destins vont se croiser. Dora, Alban, Élias et enfin Nafsika se retrouvent dans un quintette pour distraire la morne population locale et les Français. Quatre personnalités très différentes et pourtant mystérieusement liées dont les vies vont basculer. Certes, Frank Giroud est un adepte de la série “limitée”. Pour preuve, l’incontournable Décalogue.
Pour bien comprendre Quintett, il est impératif de les aborder dans leur ordre de parution. Une seule histoire et cinq points de vue. Le concept est original mais surtout audacieux.
“L’opération est autrement plus complexe pour Quintett, nous avoue-t-il. Dans Quintett, le scénario est construit à la minute près. Une série d’événements importants s’articulent dans plusieurs déroulés distincts mais dans un seul et même contexte. D’autant plus difficile à mettre en oeuvre que l’auteur choisit (comme dans Le Décalogue) de travailler avec cinq dessinateurs. Il s’agissait de marquer les perceptions de chacun des personnages impliqués dans le récit par un dessin très personnel. Et ici, chaque dessinateur devait travailler sur base de son ou ses prédécesseurs. Au-delà
du travail, très précis, des dialogues, je proposais quelques suggestions de mise en scène aux dessinateurs".
Particulièrement réalistes, les dialogues font mouche. Ils sont crédibles et on perçoit aisément le souci du détail que Giroud apporte à son oeuvre. D’ailleurs, précise-t-il, chaque personnage disposait d’une fiche biographique complète. Je ne laissais rien au hasard et chaque mot à sa raison d’être. Tout est pensé ! Même la période de l’histoire est importante.
La recette semble simple. Je suis nourri par une insatiable boulimie d’aventures. Et j’ai toujours été fasciné par les auteurs qui étaient capables de faire la même chose pendant 40 ans. J’attaque une histoire et je vais dans les moindres détails. Et puis, après tout, pourquoi se limiter à deux ou trois points de vue.
1932, Paris. Le passé rattrape nos quatre intervenants. Des souvenirs troubles qui prendront un sens tout particulier.
Sans trop en révéler, ce dernier tome est tout simplement époustouflant. Et chaque page apporte son lot de surprises. “Je ne veux pas gaspiller du papier, nous confie l’auteur.” On le croit volontiers. Les dernières pages bouleversent littéralement le rythme du récit et le récit lui-même.
La maîtrise scénaristique de Giroud n’est plus à prouver, même si, en toute modestie, ce dernier se dit simplement passionné et libre. Je produis peut-être dans l’esbroufe mais je pense faire de la qualité aussi. Et puis, c’est un atout d’avoir la confiance d’un éditeur, même lorsque l’on voit la surproduction actuelle qui gangrène le monde de la BD. Il
s’agit de publier à tout prix et finalement ça encombre les étalages.
Talentueux et réaliste, cela résume tant l’auteur que Quintett.
|
 © Dupuis 2007 Alessandrini/Giroud
|
| Titre : |
Quintett
|
| Tome : |
5
|
| Scénario : |
Frank Giroud
|
| Dessin : |
Giancarlo Alessandrini
|
| Couleurs : |
Meephe
|
| Editeur : |
Dupuis
|
| Parution : |
11/2007
|
| Collection : |
Empreinte(s)
|
| Taille : |
Grand format
|
| ISBN : |
978-2-8001-3863-3 |
| Planches : |
78
|
|

|