|
Intemporelle, cette tranche de vie de Lucy flirte avec le réalisme.
Lucy, pré-humaine tout juste âgée de 3,5 millions d’années, transcende le temps qui nous sépare d’elle. Toujours vivante dans les mémoires, cette jeune femme est donc l’être pensant le plus ancien connu à ce jour. Découverte
notamment par Yves Coppens, célèbre paléoanthropologue, en 1978, elle est la digne représentante de nos premiers pas.
Registre inhabituel pour Liberatore et Norbert bien décidés à extrapoler la découverte de Lucy. Mais quelle entrée ! Audacieux, le récit s’énonce au travers d’une narration riche et crédible et un dessin réaliste voir hyperréaliste et très expressif. “J’avais le souhait de m’éloigner du crayonné, nous avoue Liberatore de son accent délicieusement italien. C’est une aventure qui se vit avec les yeux. Nous avons même créé des sculptures des principaux personnages pour mieux les comprendre. Les textures de l’herbe ou des arbres sont développés par ordinateur.” Résultat, le dessin est une charge pure d’émotions dans un univers photo réaliste.
Les cases arborent des plans très cinématographiques. “À la base, il s’agissait d’un projet de film. Et puis, c’est bel et bien une fiction et non pas un récit didactique. Même si les connaissances scientifiques ont été essentielles à la construction du scénario, explique Norbet. Nous avions proposé une idée de base à Yves Coppens qui lui-même a relayé une foule d’idées.”
Les références cinématographiques sont d’autant plus apparentes que nos deux auteurs ont à maintes reprises exploré le petit monde du septième art. “Par ailleurs, précise Norbert, le projet de film est toujours d’actualité.”
Le récit est bel et bien un exercice de style. Nous ne savons que peu de chose sur cette période de l’histoire. Mais pour Norbet, “c’est le moment où la conscience affleure. Elle est ténue mais devient réalité. Et puis, l’histoire est symbolique et intemporelle. C’est une histoire d’amour, une quête de l’identité, une leçon de tolérance. Tout l’intérêt est là.”
De nombreux thèmes contemporains naissent dans une toile tissée de regards, d’aventures et d’amour maternel. Ainsi, on y entrevoit les relations mixtes, les préjugés, la peur, l’indifférence, la violence, la solitude. Pour Norbert, “c’est un monde finalement aussi cruel que celui d’aujourd’hui.”
Les deux comparses, plutôt volubiles, ne semblent juste pas d’accord sur la réelle définition de leur oeuvre. Mais peut-être est-ce bien plus que cela. L’expressivité exacerbée des personnages est touchante et prête à réflexion. Sortant donc du lot par un format original et s’écartant du pur didactisme, Lucy est une magnifique histoire empreinte de poésie, plus actuelle qu’il n’y paraît.
|
|
| Titre : |
Lucy
|
| Tome : |
L'espoir |
| Scénario : |
Patrick Norbert
|
| Dessin : |
Liberatore
|
| Couleurs : |
Liberatore
|
| Editeur : |
Capitol Editions
|
| Parution : |
11/2007
|
| Collection : |
|
| Taille : |
Grand format
|
| ISBN : |
978-2-355-56000-2 |
| Planches : |
70
|
|

|