|
Un vaisseau muet arrive en orbite de la Terre. Au début, la
panique s'empare du monde. Mais, au fil du temps, il se fait "oublier".
Les gens continuent à vivre, normalement, malgré cette deuxième lune
dans le ciel.
Jusqu'à
cette fameuse nuit, un an après son apparition, où les Voyageurs se
manifestent sous la forme d'un rêve à l'humanité entière. Une seule
question est posée à chacun : voulez-vous vivre éternellement en
rejoignant une intelligence collective ?
Le récit se focalisera
sur la minorité qui a refusé cette offre, dont le docteur Matt Wheeler qui tentera de sauver le monde à sa manière. On s'attardera, un peu
longuement, sur le pourquoi de leur refus en visitant le passé troublé
de chacun des personnages. Bref, Wilson nous décrit ses acteurs,
paumés, tourmentés, incapables de comprendre ce qui leur tombe dessus.
On suit ainsi la disparition des êtres qui leur sont chères, leur
descente peu à peu dans la déprime.
Dès les premières pages, on est projeté dans l'action. On vivra directement les troubles que l'apparition de ce vaisseau engendre. Un peu comme dans Darwinia du même auteur, une situation surréaliste
La deuxième partie du récit
se concentre sur la survie de quelques personnes habitant une petite
ville du fin fond des Etats-Unis. Le petit groupe s'organise dans un
monde vide et déserté, où de violents changements climatiques font
rages, provoqués par les extraterrestre afin de guérir la planète de la
pollution causée par l'homme. Comme dans chaque groupe d'humains, il y
a des bons et des moins bons. On suit l'évolution de ce groupe, leur
tentative de joindre d'autres survivants par radio notamment.
La
profondeur des personnages est remarquable, très humains. Le passé de chacun se
mêlant au présent et influencant leurs décisions maintient la
cohérence et reste plausible, même si certains personnages sont un peu cliché.
On notera aussi la maîtrise de l'auteur pour décrire les situations et les actions. Les images se forment dans l'esprit comme si on était au cinéma.
La
trame, un peu mince, suit son petit bonhomme de chemin et souffre d'une certaine
linéarité quelque peu prévisible par moment. Enfin, on reprochera sans doute la
fin du roman où beaucoup de questions restent sans réponse. De nombreuses idées sont semées en cours de route mais la moisson est finalement très maigre. Dommage
pour un si long récit de s'achever ainsi.
Fiche de Le vaisseau des Voyageurs de Robert Charles Wilson

|