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Adulé par son
public, Citizen est un acteur qui a le vent en poupe. Chaque réalisateur se
l’arrache pour sa prochaine production. Le monde du Spectacle est à ses pieds.
Cit possède même une bulle personnelle dans le plus chic quartier du Noyau,
avec sa plage privée, sa maison, et nombre de femmes. Mais dans ce monde, tout
n’est qu’illusion et décor. Même le jeu des acteurs est faux car ils jouent
sous hypnose et drogues. Lorsque Citizen, à bout, pète les plombs et décide de
se rebeller contre le système, il part à la recherche de la vérité, sa vérité.
Qui se cache derrière le décor ? Où se trouve le Dieu-Public qui dicte ses
désirs ?
Superbe, génial,
un must read !
Je pourrais
m’arrêter là mais ce serait un peu court. On pourrait dire bien des choses en
somme à propos de cet œuvre.
Tout d’abord,
cette richesse d’écriture, cette maîtrise de la langue de Voltaire. Une
inspiration ! J’avais lu du même auteur Parabellum Tango et, déjà, à ce moment-là, j’avais été pris d’un
sincère respect envers l’auteur. Avec Delirium
Circus, je le hisse au rang de maître. Il n’a pas son pareil pour décrire,
en quelques mots, une situation, un mouvement, un visage, une ambiance. Sans
pour autant utilisé un vocabulaire savant ou alambiqué, Pierre Pelot réussit avec
brio à donner vie à ses personnages et à son univers. Les images se forgent dans
notre esprit, avec précision, comme si on y était.
Son univers. Que
d’idées géniales foisonnent dans cet esprit.
Une société régie
par les lois du showbiz. De là, découle une série de Castes (Comédien,
Accessoiriste, Décorateur, Cascadeur...), une religion (le Dieu-Public), des
expressions (être off, hors-cadre). L’âge des habitants est mesuré en nombre de
films. Bref, tous les citoyens sont dévoués corps et âmes au spectacle. Mais on
se trouve ici dans le Noyau, là où les films sont tournés et montés, dans le
royaume des nantis. En bordure de cet éden, se trouve la Ceinture où le rebus
habite. Des gens rêvant d’être figurant, et de survivre (car les cascades
nécessitent un maximum de réalisme et se solde souvent par la mort) afin
d’obtenir la consécration : un second rôle.
Dans ce monde fermé,
chaque concept développé par l’auteur est parfaitement cohérent, justifié,
expliqué. Certains éléments sont même décrits par l’entremise de personnages
secondaires qui ne servent qu’à dévoiler le fonctionnement de cette société
castratrice.
Citizen, le
personnage principal, en a marre de cet univers factice, de faire des films
sous hypnose pour un public qu’il ne connait pas et n’a jamais vu. Il se rebelle,
conscient d’être enfermé dans un système. Il décide de partir en quête de la
vérité, accompagné par Marylin, qui elle aussi veut connaître les dessous de
l’affaire. A l’image de l’univers, les personnages sont eux aussi cohérents et
crédibles.
Le suspense est
très bien entretenu tout au long des trois cent pages. Le lecteur découvre
l’univers et prend le parti de Citizen, désirant comme lui savoir ce qui se
cache au-delà de la Ceinture. Et l’auteur d’entretenir ce suspense en
dynamisant le récit grâce à des scènes d’action, tout en maintenant un parfait
équilibre entre descriptions et dialogues. Du grand art.
Le thème du roman
est à l’image de notre société moderne : produire et encore produire. Mais
dans quel but ? Pour qui ? Une surconsommation de biens par quelques
nantis, obligeant une partie de la population à l’esclavage. N’est-ce pas ce
que nous vivons en ce moment avec le dieu capitalisme ?
Un roman superbe,
à l’écriture et au style très riche, qui appelle à la réflexion. Je ne puis que
conseiller vivement sa lecture !
Fiche de Delirium Cirucs de Pierre Pelot

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