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Thomas Day nous
invite à visiter le Japon médiéval du XVIIème siècle auquel il a rajouté une
petite touche de fantastique. Inspiré par les faits d’armes du plus célèbre des
rônins, Miyamoto Musashi, l’auteur nous propose sa version.
Après avoir défié, et tué, un par un les samouraïs du seigneur de guerre
Nakamura Ito, voyant qu’une armée n’aurait pas raison de ce rônin puant et sale
mais très agile au combat, le seigneur lui confie son jeune fils afin de lui
enseigner la Voie du Sabre. Le rônin accepte et promet à son père d’en faire le
plus puissant des guerriers de sorte que Mikédi pourra approcher par après la
Fille de l’Empereur et lui fera don de sa semence. Mais la fille de l’Empereur
est la dernière de son espèce à boire l’encre de Shô. Cette encre confère
l’immortalité à celui qui la boit et qui ne succombe pas à son poison, mais au
prix d’horribles transformations physiques qui font de l’Empereur et de ses
descendants des créatures plus proche du dragon que de l’humain. C’est une
chance inouïe pour le jeune Mikédi Nakamura qui devra faire preuve de patience et
de courage pour espérer atteindre la Voie du Sabre, surtout que son maître
tentera de l’en dissuader et de le mener vers le vrai chemin, celui de la
liberté.
Le thème développé est celui du maître et du disciple. Certes, ce n’est pas
original mais le roman est très réussi. Pourquoi ?
L’auteur y décrit avec précision et poésie tout l’art japonais, fort d’un
travail de documentation que l’on devine conséquent. L’ambiance au travers des
paysages nippons et des personnages typiques rencontrés est tout simplement
sublime.
Mais le Japon médiéval c’est aussi les katana et les wakisachi bien
aiguisés qui découpent aisément les corps en de multiples morceaux
sanguinolents. Les combats sont gores, le sang gicle et les tripes
s’éparpillent. Les scènes de batailles sont définitivement inspirées par les
mangas du genre et l’auteur utilise habilement les codes des films de
samouraïs.
L’action est constante et bien rythmée. Les seuls moments de répits sont sous
la forme de légendes orales racontés par un personnage. Sorte de flashback sur
un personnage historique ou un évènement particulier qui sont là pour enrichir
la trame, faisant l’éducation du jeune Mikédi, et la nôtre.
L’histoire nous est contée par l’intermédiaire du jeune Mikédi, et donc à
la première personne. Par ce biais, l’auteur ne se pose ni en juge ni en
philosophe mais laisse libre cours au lecteur de se faire sa propre idée et sa
propre morale sur les interrogations du disciple et sur la sagesse du maître.
En effet, celui-ci utilise des méthodes quelque peu atypiques et les sentiments
du disciple prendront plusieurs colorations, tantôt teintés de haine, tantôt
d’admiration, ou de soif de pouvoir entre autres.
La lecture coule de source. Le vocabulaire n’est pas aussi riche que dans
Le Double Corps du Roi mais il n’en reste pas moins sobre et précis. Seul
regret, on aurait aimé voyagé un peu plus longtemps dans les rizières et les
baies nipponnes, spectateur privilégié des duels légendaires du rônin. Le livre
renferme un vaste univers et on reste sur sa faim lorsqu’on le referme. Mais
une suite existe...
Fiche de La Voie du Sabre de Thomas Day

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