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1918, la
Grande-Bretagne perd face à l’Allemagne. La fin de la Première Guerre Mondiale.
Les soldats retournent au pays, honteux d’avoir été vaincus. S’ensuit une vague
sans précédant de dépression. Les chiffres du chômage grimpe en flèche,
l’hyper-inflation frappe de plein fouet tout le pays, l’économie s’écroule,
l’empire britannique s’étiole.
Seul
espoir : John Arthur, le Moderniste. En commençant dans les bars, celui-ci
rassemble les citoyens autour de sa personne, promettant un avenir meilleur et
des solutions aux problèmes actuels. Fort de son charisme, il est élu à la tête
du Gouvernement.
S’ensuit une
vague d’arrestations, de meurtres mystérieux, de l’émergence des CSG. Certaines
communautés – les juifs, les tziganes, les homosexuels – sont harcelées et, de
préférence, éliminées...
Malgré cela, la
Grande-Bretagne se redresse et devient la Très-Grande-Bretagne, puissance
internationale à son apogée à l’aube de 1940.
Au temps présent
du récit, 1940, Geoffrey Brook(e) se souvient. Professeur d’histoire à Oxford,
il apprend qu’il est atteint d’un cancer en phase terminal. Il ressasse alors
ses souvenirs de jeunesse, ses premières expériences avec des hommes.
N’allons pas par
quatre chemins, le début du livre est absolument chiant et il vous faudra persévérer
et faire preuve de patience si vous voulez atteindre la dernière page. De
longues descriptions sur chaque rue d’Oxford, avec une petite référence au
« Eagle and Child », et sur l’Histoire, racontées par l’entremise du
personnage principal, qui s’éternisent sur des dizaines de pages, sans rythme,
sans action, avec très peu de dialogue, le tout dans une ambiance à faire
déprimer le plus joyeux des clowns. De ce côté-là, l’auteur a bien réussi son
pari.
Le personnage
étant professeur d’Histoire, de nombreuses références y sont faites. Dès lors,
si comme moi, on n’est pas plus intéressé que cela à l’Histoire, le temps
semble long et les pages interminables.
Et pourtant...
Inexorablement, on se sent pousser à aller de l’avant. On finit par découvrir
la trame. Un suspense s’installe et on termine le livre beaucoup plus vite
qu’on ne l’a commencé. Le parallélisme entre John Arthur et un certain Adolf de
Germanie se fait de lui-même et l’auteur de nous mettre en garde et de nous
montrer ce à quoi on doit être vigilant afin d’éviter la naissance d’une
dictature.
Le fameux
« secret » nous est dévoilé mais ne constitue pas un rebondissement
tel que suggéré par le quatrième de couverture. De même, l’analogie avec
l’œuvre de Philippe K. Dick est un peu gonflée. Certes, dans les deux cas il
s’agit d’une uchronie mais la ressemblance s’arrête là. Le contenu et la façon
dont est traité le sujet sont complètement différents.
Souffrant de
longueurs au début, on est en fin de compte récompensé à la fin par des scènes
d’un réalisme époustouflant à vous renverser les tripes. Le côté instructif
n’est pas non plus à négliger. Patience petit lecteur, tes efforts ne seront
pas vains.
Fiche de Les îles du Soleil de Ian R. MacLeod

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