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Chronique - Le Vieil Homme et la Guerre (John Scalzi) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Didier Rikelynck   
03-09-2007

Le Vieil Homme et la Guerre de John ScalziDes vaisseaux-spatiaux, des supers armes, des méchants extra-terrestres, que demandez de plus ?

John Perry a bien vécu. Il a jouit d’une enfance heureuse, il a été marié à une épouse aimante, il a eu un bon boulot (écrivain !). Bref, lorsqu’il regarde derrière lui, il peut être fier de lui. Mais maintenant que sa femme est morte, qu’il atteint l’âge respectable de septante-cinq (soixante-quinze) ans, que son corps commence à montrer des signes de faiblesse, il est temps de se recycler. A cet âge avancé, cela signifie saisir l’opportunité de s’engager dans l’armée, dans les FDC, les Forces de Défense Coloniale. Malgré le mystère qui entoure cet organisme qui garde secret tout ce qui se passe au-delà de l’atmosphère terrienne, qui, de plus, jouit d’une technologie bien plus avancée que les terriens et qui a le monopole des sauts spatiaux, John renonce à la planète bleue car tel est le prix à payer. En contrepartie, les FDC lui offriront une nouvelle vie et le rajeuniront afin d’aller défendre les colonies terriennes éparpillées dans l’univers, menacées par des races extra-terrestres belliqueuses. Et si au terme de son service il est toujours vivant, il pourra couler des jours heureux dans une de ces colonies.

Au fil des pages, nous suivons le héros, depuis son entrée dans le bureau de recrutement des FDC sur Terre jusqu’aux champs de bataille de l’autre côté de l’univers. Histoire militariste, on n’échappera donc pas à l’instructeur beuglant ses ordres aux bleus – même si l’auteur ironise à ce sujet évitant ainsi le cliché, aux briefings de missions et au mess où John discutera avec ses camarades de sujets aussi divers que variés tels que le mariage, la religion, la théorie des sauts dans l’espace, la vieillesse, la mort, l’amour... Occasion pour le lecteur de savoir d’où vient notre personnage principal et dans quel univers il évolue. Mais malheureusement, on n’apprendra finalement pas grand-chose sur cet univers (mais on apprendra qui est John). Que sont les FDC au final ? Pourquoi ne partagent-elles pas leurs technologies avec les terriens ? Qu’est-ce qu’il s’est passé sur la Terre ? L’auteur laisse planer l’idée de surpopulation, de guerre nucléaire mais reste très vague à ce sujet. On se contente donc d’accepter les faits tels qu’ils sont présentés sans broncher, comme un bon petit soldat. Dommage.

Cependant, ne boudons pas notre plaisir ! Et quel plaisir ! Une écriture fluide et légère, un rythme bien soutenu. Une bonne dose d’humour (je me suis pris d’un fou rire ce qui est assez rare pour le faire remarquer). Un suspense bien distillé – on apprend en même temps que John comment un vieux corps délabré devient une redoutable arme de guerre. Les dialogues jusqu’à sept interlocuteurs sont limpides et on sait toujours qui parle à qui. Les scènes d’action sont intenses quoiqu’un peu brèves - quand on est une arme fatale, difficile de connaître la peur ou le stress, on s’en tient donc à l’action pur et dur. Les descriptions des différents mondes visités est précises et droit au but. On ne s’encombre pas de détails inutiles. Des personnages attachants. Que demandez de plus ?

Petite note sur la psychologie des personnages. Un peu légère à mon goût. John se laisse porter par les évènements sans tenter de les modifier. Il se pose certes quelques questions, souffre d’une petite crise existentielle mais l’auteur a tôt fait de tout justifier. John continue dès lors son petit bonhomme de chemin à travers la hiérarchie, proposant de temps en temps une idée géniale, ou faisant preuve d’initiative hors du commun.

A la lecture, on ne peut éviter de faire des rapprochements avec d’autres romans de SF. Les idées traitées ne sont certes pas neuves mais l’auteur a le génie de les recycler à sa propre sauce, sans tomber dans le plagiat ou dans le piège de l’idée réchauffée. On n’a donc pas l’impression de relire un énième livre de soldats dans l’espace, mais bien de découvrir un nouvel univers à part entière.

En conclusion, fans de SF pure, lisez ce livre ! Les quelques défauts pointés ci-dessus ne sont que pinaillages face au pied intégrale que vous prendrez en lisant ce livre. Si vous n’êtes toujours pas convaincu, sachez que l’auteur a reçu plusieurs prix pour ce premier roman et a été en finale du prix Hugo 2006. Les suites sont d’ores et déjà écrites ! Alors courrez les acheter ! Rompez !

PS : Merci à Moustache de m’avoir fait découvrir ce rare moment de pur bonheur.

Fiche de Le Vieil Homme et la Guerre de John Scalzi

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Dernière mise à jour : ( 19-10-2007 )
 
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