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Des
vaisseaux-spatiaux, des supers armes, des méchants extra-terrestres, que
demandez de plus ?
John Perry a bien
vécu. Il a jouit d’une enfance heureuse, il a été marié à une épouse aimante, il
a eu un bon boulot (écrivain !). Bref, lorsqu’il regarde derrière lui, il
peut être fier de lui. Mais maintenant que sa femme est morte, qu’il atteint
l’âge respectable de septante-cinq (soixante-quinze) ans, que son corps
commence à montrer des signes de faiblesse, il est temps de se recycler. A cet
âge avancé, cela signifie saisir l’opportunité de s’engager dans l’armée, dans
les FDC, les Forces de Défense Coloniale. Malgré le mystère qui entoure cet
organisme qui garde secret tout ce qui se passe au-delà de l’atmosphère
terrienne, qui, de plus, jouit d’une technologie bien plus avancée que les
terriens et qui a le monopole des sauts spatiaux, John renonce à la planète
bleue car tel est le prix à payer. En contrepartie, les FDC lui offriront une
nouvelle vie et le rajeuniront afin d’aller défendre les colonies terriennes
éparpillées dans l’univers, menacées par des races extra-terrestres belliqueuses.
Et si au terme de son service il est toujours vivant, il pourra couler des
jours heureux dans une de ces colonies.
Au fil des pages,
nous suivons le héros, depuis son entrée dans le bureau de recrutement des FDC sur
Terre jusqu’aux champs de bataille de l’autre côté de l’univers. Histoire
militariste, on n’échappera donc pas à l’instructeur beuglant ses ordres aux
bleus – même si l’auteur ironise à ce sujet évitant ainsi le cliché, aux
briefings de missions et au mess où John discutera avec ses camarades de sujets
aussi divers que variés tels que le mariage, la religion, la théorie des sauts
dans l’espace, la vieillesse, la mort, l’amour... Occasion pour le lecteur de savoir
d’où vient notre personnage principal et dans quel univers il évolue. Mais
malheureusement, on n’apprendra finalement pas grand-chose sur cet univers
(mais on apprendra qui est John). Que sont les FDC au final ? Pourquoi ne
partagent-elles pas leurs technologies avec les terriens ? Qu’est-ce qu’il
s’est passé sur la Terre ? L’auteur laisse planer l’idée de surpopulation,
de guerre nucléaire mais reste très vague à ce sujet. On se contente donc
d’accepter les faits tels qu’ils sont présentés sans broncher, comme un bon
petit soldat. Dommage.
Cependant, ne
boudons pas notre plaisir ! Et quel plaisir ! Une écriture fluide et légère,
un rythme bien soutenu. Une bonne dose d’humour (je me suis pris d’un fou rire
ce qui est assez rare pour le faire remarquer). Un suspense bien distillé – on
apprend en même temps que John comment un vieux corps délabré devient une
redoutable arme de guerre. Les dialogues jusqu’à sept interlocuteurs sont
limpides et on sait toujours qui parle à qui. Les scènes d’action sont intenses
quoiqu’un peu brèves - quand on est une arme fatale, difficile de connaître la
peur ou le stress, on s’en tient donc à l’action pur et dur. Les descriptions
des différents mondes visités est précises et droit au but. On ne s’encombre
pas de détails inutiles. Des personnages attachants. Que demandez de
plus ?
Petite note sur
la psychologie des personnages. Un peu légère à mon goût. John se laisse porter
par les évènements sans tenter de les modifier. Il se pose certes quelques
questions, souffre d’une petite crise existentielle mais l’auteur a tôt fait de
tout justifier. John continue dès lors son petit bonhomme de chemin à travers
la hiérarchie, proposant de temps en temps une idée géniale, ou faisant preuve d’initiative
hors du commun.
A la lecture, on
ne peut éviter de faire des rapprochements avec d’autres romans de SF. Les
idées traitées ne sont certes pas neuves mais l’auteur a le génie de les
recycler à sa propre sauce, sans tomber dans le plagiat ou dans le piège de
l’idée réchauffée. On n’a donc pas l’impression de relire un énième livre de
soldats dans l’espace, mais bien de découvrir un nouvel univers à part entière.
En conclusion,
fans de SF pure, lisez ce livre ! Les quelques défauts pointés ci-dessus
ne sont que pinaillages face au pied intégrale que vous prendrez en lisant ce
livre. Si vous n’êtes toujours pas convaincu, sachez que l’auteur a reçu
plusieurs prix pour ce premier roman et a été en finale du prix Hugo 2006. Les
suites sont d’ores et déjà écrites ! Alors courrez les acheter !
Rompez !
PS : Merci à
Moustache de m’avoir fait découvrir ce rare moment de pur bonheur.
Fiche de Le Vieil Homme et la Guerre de John Scalzi

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