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Issu de ces
souvenirs d’enfance, Bradbury nous conte une histoire à lire devant l’âtre, la
veille d’Halloween. Un mystérieux manoir dans l’Illinois est la demeure de
créatures que l’on pourrait associer à des fantômes, vampires et autres momies.
Un jeune enfant, abandonné, bien en chair et en os, Timothy, est accueilli par
cette famille nombreuse aux mœurs bien étranges. Celui-ci vivra sa jeunesse
parmi ses oncles et tantes... hors du commun.
Sujet intemporel
que le rejet de la différence. Cette fois-ci, c’est sous les traits de
créatures fantastiques, et mortes depuis longtemps, que cette mise à l’écart
s’opère. Mais le mal est là où l’on l’attend le moins : dehors.
Le texte dénonce
surtout l’agnosticisme croissant de notre société moderne, ainsi qu’un matérialisme
de plus en plus prêché. L’imaginaire et les rêves sont menacés par la réalité
économique. Nos âmes d’enfants s’estompent dans cette compétitivité et
mondialisation sans cesse poussées en avant. On n’a plus le temps de rêver. Dès
lors, ces morts-vivants n’ont plus de raison d’exister...
Le style poétique
et les envolées lyriques de Bradbury nous transportent tout au long des
histoires à la découverte des différents membres de la Famille et de leurs
funestes destins. Le texte est très riche en métaphores et effets de style, rendant
bien aux personnages cette impression d’intangibilité. Et c’est bien là que le
bas blesse. Les personnages apparaissent et disparaissent au fur et à mesure
des histoires sans avoir de réelle consistance. Certes attachant, on ne sait au
final que très peu sur eux, tant sur leurs histoires (Pourquoi sont-ils
morts ?) que sur leur psychologie.
Et la trame de
l’histoire de tomber en poussière à cause de personnages trop transparents.
Timothy, le témoin privilégié, aurait pu être le fil conducteur mais celui-ci
disparait pendant de longs chapitres avant de refaire une apparition
anecdotique au détour d’une page. Sans doute est-ce dû au fait que la rédaction
du livre a durée un demi-siècle...
Si vous voulez
une preuve qu’une belle écriture, emprunt de poésie, est possible dans la
littérature de l’imaginaire, vous tenez le bon livre. Mais préférez-lui
Fahrenheit 451 ou les Chroniques Martiennes si vous recherchez de la
science-fiction digne de ce nom.
Petit clin d’œil,
la jaquette de la version anglaise est illustrée par Charles Addams, qui, à la
même époque où Ray débutait la rédaction de ce livre, s’inspirait de celui-ci
pour tisser l’histoire d’une famille spéciale qui allait devenir très célèbre
par la suite...
Fiche de De la poussière à la chair : Souvenirs d'une famille d'immortels de Ray Bradbury

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