Mona Lisa s’éclate est le troisième et dernier opus de la trilogie
du Neuromancien. Je n’ai pas encore lu le deuxième opus, Comte Zéro, parce que je ne savais pas que cela faisait un tout. Cette
chronique n’est donc pas tout à fait objective dans le sens où il me manque
peut-être une partie d’information concernant le background de certains
personnages. A prendre donc avec le recul qui se doit.
On retrouve
quelques protagonistes de la première partie et des références y font
clairement allusion. Ne faites donc pas comme moi et lisez-les dans l’ordre.
Ceci pourrait expliquer les difficultés que j’ai eues à suivre les
pérégrinations des différents personnages.
En effet, le
roman s’articule autour de trois femmes, et leur entourage, qui n’ont aucun
rapport a priori entre elles. Nous suivons les mésaventures d’une ex-mercenaire
à Londres, une pute, droguée, vivant dans les bas-fonds de Cleveland, et une
japonaise, superstar du simstim. Les personnages sont bien moulés mais leurs
motivations tout au long du roman restent très obscures. Contrairement au
premier opus qui mélangeait allègrement des personnages et des scènes sans
rapport dans le même chapitre, cette fois-ci, l’auteur se concentre par petit chapitre
à suivre les déboires d’une seule femme à la fois. Fini les virevoltes
incessantes. Mais le fil rouge qui unit ces dames est quant à lui très
difficile à saisir. En effet, il faut attendre pratiquement l’épilogue pour que
la lumière soit faite sur les relations entre chaque personnage. Cela rend le
récit, d’une part, très dur à suivre et donc on doit se motiver pour poursuivre
la lecture, et d’autre part, cela nuit grandement au suspense. J’ai
l’impression que l’on retombe dans les mêmes travers du premier opus, à moins
que cela soit la marque du style Gibson.
Malgré tout,
Gibson nous offre un des univers de cyber les plus intéressants. On découvre
ici les méga corporations, le Japon et ses Yakuza, les stars du simstims, les
drogues, le cyberespace et tous les éléments déjà présentés dans (les) l’opus
précédent(s). Les descriptions sont incisives et dépeignent avec précision cet
univers futuriste sombres et pessimistes.
A ne pas mettre
dans toutes les mains au risque d’être dégouté par un style
« particulier ».

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