|
C’est la première
fois que je lis une œuvre d’Arthur C. Clarke. Il n’est jamais trop tard, me
direz-vous, pour combler un gouffre de culture...
Né à Diaspar,
unique cité terrienne où habitent les derniers humains, Alvin fait ses premiers
pas dans une vie régie et contrôlée par un Ordinateur Central. Cette
intelligence artificielle assure en outre la pérennité de la cité en gérant les
moindres détails de la vie quotidienne et en abolissant toute cause de conflits
possible. Il découvre ainsi que les habitants ne meurent pas mais retournent
dans les banques mémorielles de ce gigantesque calculateur afin de renaître
plus tard, conservant ainsi leurs souvenirs de leurs vies antérieures, et leur
procurant ainsi la vie éternelle. C’est dans ce cadre qu’Alvin découvre qu’il
est Unique, sans souvenir de vies précédentes. Est-ce à cause de son unicité que
sa curiosité est sans limite ? Que son esprit le pousse à chaque fois à aller
plus loin ? Bravant les interdits et surtout la crainte viscérale du
spectre de l’Envahisseur, Alvin décide de s’aventurer en dehors de la ville, ce
qui est formellement interdit, et de partir à la découverte du monde.
Écrit dans les
années cinquante, l’histoire n’a pas pris une ride. Les multiples réflexions
qui nous sont offertes sont toujours ancrées dans l’actualité et méritent que
l’on se penche dessus et qu’on leur accorde un moment de réflexion. Parmi
celles-ci, le clonage, la création d’une société idéale, le futur de la race
humaine, la présence d’une vie intelligente dans l’univers sont déjà présentes.
On est loin des soucoupes volantes et des petits hommes verts dont la SF est
souvent affublée.
Clarke construit
un univers cohérent où l’histoire se déroule dans un futur de plusieurs
millions d’années. Les technologies qu’il met en place sont expliquées de
manière crédible sans pour autant verser dans la « hard science ». Le
lecteur à l’impression de se promener en toute légèreté dans cet univers,
accentué par une touche de lyrisme.
Arthur C. Clarke
utilise énormément le dialogue indirect. Cela permet d’obtenir rapidement les
réponses que les personnages se posent, mais en même temps, cela rend le rythme
narratif plus lent. De même, la trame se met lentement en place. Le début du
récit est un peu flou et on se demande où veut en venir l’écrivain. Mais une
fois que la sauce à prise, plus question de la laisser retomber. On est
littéralement absorbé et le suspense en devient insoutenable, jusqu’à son
apothéose. D’ailleurs, la chute est grandiose : crédible, bien expliquée,
aux concepts très intéressants.
Nous voici donc
en présence d’une œuvre qui, bien qu’écrite il y a un demi-siècle, présentait
déjà à l’époque des idées novatrices qui feront dates dans la science-fiction.
Magnifique, grandiose, un must !
Fiche de La cité et les astres de Arthur C. Clarke

|