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J’ai lu, il y a une
poignée de semaines de cela, La Lune Seule Le Sait de Johan Heliot et,
avouons-le, j’avais adoré. Dès lors, lorsque je vis sur l’étagère de mon
marchand de livres d’occasions préféré, un exemplair de Faerie Hackers du même
auteur, je n’ai pas hésité une picoseconde.
Il y a plusieurs
milliers d’années, les démons, au cours d’une Antique Bataille, furent enfermés
dans le Rébut. Depuis lors, le Royaume coule des jours heureux et le Roi
Couleur, dans son château, veille au grain. Il y a bien l’une ou l’autre feys
qui fait du grabuge, mais celles-ci sont bannies à la Surface, sous l’œil
bienveillant d’un presque-dragon, mage puissant et conseilleur du Roi.
Et nous voilà
transporté en pleine fantasy, aux pays des gentils chevaliers pourfendeurs de
vilains, roulant à tombeau ouvert sur le périph de Paris, des magiciens usant
de leur magie dans les jardins de Versaille, au grand désarroi des touristes
débarqués par centaines…
Et oui, notre
bonne vieille Terre, et plus particulièrement Paris et sa banlieue, n’est en
fait qu’un monde parallèle, appelé Surface, où certaines interactions sont
possibles. Et ce n’est qu’un début !
D’une part, puisant
dans le mal qui a été fait durant la Shoah, un démon a réussi à s’enfuir de sa
prison, bien décidé à récupérer Faerie et libérer ses congènères. Alors,
lorsque Fabien, graphiste de formation, se fait engager dans la société phare
Devil’s Game où il reçoit les faveurs de son patron tyrannique qui lui dévoile
sa nouvelle création, ce premier est interpellé par certains aspects du nouveau
jeu…
D’autre part, Lillshellyann,
une fey bannie du Royaume pour son caractère rebelle et révolutionnaire, et
Lartagne, fine lame du Royaume et champion du Roi, vont devoir enquêter et s’entreaider
(ce qui n’est pas gagné) en Surface afin de venir à bout de ce démon et découvrir
ce que cache son plan machiavélique.
Autant dire
d’emblée que j’ai adoré. Mélangeant la Fantasy et la cybertechnologie, outrepassant
les limites de ces deux genres, on se gorge jusqu’à plus soif de ce roman,
découvrant un univers orginal. Qui plus est, les personnages sont bien typés et
le sale caractère de l’héroîne rajoute du piment et de l’humour au récit.
De plus, l’auteur
utilise a bon escient les lieux mythiques de Paris, notamment une scène
absolument grandiose dans le cimetière du Père La Chaise où le Bien combat le
Mal. Je n’en dirai pas plus.
Malheureusement,
je ferai part de deux petits bémols. Le premier, le passage d’une scène à
l’autre n’est pas toujours clair. Il faut lire quelques lignes avant de se
raccrocher au récit, ce qui entrave un peu la fluidité de lecture. Deuxio, la
fin, dont on devine aisément le dénouement mais pas le comment, est un peu vite
envoyée. Dommage.
Dans son grand
chaudron, l’audacieux magicien Heliot mélange habilement les ingrédients de la Fantasy
et de la science-fiction moderne, réussissant un petit exploit. L’action est
omniprésente, le suspense bien distillé, les personnages attachants, l’univers cohérent.
Peut-être pas un chef-d’œuvre, mais l’occasion de passer de bonnes heures de
lecture. A découvrir.
Petite remarque,
le suite des aventures de Lil sont déjà parues sous le titre Faerie Thriller.
Peut-être bientôt une petite chronique…

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