Nombreux sont
ceux qui connaissent Les Chroniques Martiennes, recueil de nouvelles devenu
cultissime. Moins nombreux, il me semble, sont les lecteurs qui ont eu entre
leurs mains la compilation de courts récits baptisée L’homme Illustré. Et
pourtant, ces deux ouvrages ont été édités à seulement quelques mois
d’intervalle (aux États-Unis du moins) et sont tous deux d’une qualité
remarquable.
Le narrateur se
promène et rencontre un homme à l’apparence anodine. Mais lorsque celui-ci se dévêtit,
le promeneur découvre que cet homme est entièrement tatoué et, que si on l’observe
attentivement, chaque tatouage s’anime et raconte une histoire. Qui plus est, la
dernière illustration raconte l’histoire de celui qui le regarde, bouclant
ainsi la boucle.
Empli de poésie,
Ray Bradbury nous offre dix-huit récits emprunts de science-fiction, mais avant
tout d’humanité et de relations humaines. Écrit après la deuxième guerre
mondiale, quelques thèmes forts sont présents tout au long des différents
récits.
Le thème de la
conquête spatiale est souvent présent. Qu’il s’agisse de Mars ou de Vénus,
l’homme envoi des fusées, même si parfois, l’une d’elle explose dans l’espace,
laissant ses passagers errer dans le vide et s’éloignant l’un de l’autre.
Qui dit conquête,
dit aussi invasion. Traité avec humour et originalité, les envahisseurs
arrivent sur Terre et sont accueillis à bras ouverts, avec fanfares et
majorettes. Ou bien ce sont des enfants qui se racontent des histoires et
jouent à « invasion ». La vérité ne sort-elle pas de la bouche des
enfants ?
On sent aussi les
traces qu’on laissées les bombes atomiques. Plus question de nier la
possibilité d’une guerre nucléaire. Mais qui (re)poussera sur le bouton
fatidique ?
La plus belle
nouvelle, un véritable pied de nez aux agissements de l’époque, est
celle-ci : imaginez un instant que les noirs se soient installés sur Mars
et que l’homme blanc vienne vingt ans plus tard implorer leurs aides, les
plaies et blessures de la ségrégation et du racisme étant encore vives.
Véritable pilier
de la littérature science-fictionnesque, Bradbury nous offre plus qu’un recueil
de science-fiction. Il nous propose ici quelque chose de plus fort, qui touche
droit au cœur : de l’humain pur jus, dans ce qu’il a de plus beau, et de
plus laid. Même si les thèmes abordés ont quelque peu vieillis, les réactions
humaines, elles, n’ont pas prit une ride.

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