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Chronique de La Lune seule le sait - Johan Heliot |
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Ecrit par Didier Rikelynck
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02-02-2007 |
L’histoire se déroule fin du XIXème siècle, alors que Louis Napoléon Bonaparte soumet son peuple à sa dictature. Qui plus est, grâce à l’arrivée d’extra-humains qui bouleverse l’Histoire, celui-ci peut accéder à l’éternité en créant une alliance avec ceux-ci, permettant ainsi la fusion des savoirs des humains et la science des êtres venus d’ailleurs. Afin de combattre cette tyrannie, une poignée de rebelles vont essayer de convaincre les Ishkiss de s’allier plutôt à leur cause.
Le décor est planté. On est au début de l’ère industrielle et on s’imagine les rues de Paris et la vie quotidienne des habitants. L’auteur ose s’approprier quelques personnages hauts en couleur de l’époque, des figures charismatiques encore bien vivantes dans nos esprits. Outre Napoléon III, l’auteur fait par exemple allusion à Thomas Edison, inventeur éclairé. Mais parmi les combattants de la dictature, le lecteur fait la connaissance du héros, un auteur qui a fait rêver toute une génération à l’époque – et qui fait encore rêver actuellement – de par ses histoires d’anticipation. Cet auteur entretient lui-même des liens avec un autre mastodonte de la littérature de l’époque. Par ce coup de génie, l’auteur n’a plus besoin de nous décrire son personnage principal et ses satellites car chacun de nous en cultive déjà une représentation. Dès lors, l’écrivain peut se concentrer pleinement sur l’histoire et son monde.
Par un astucieux mélange de steampunk et de technologie alien, l’auteur se lance dans une uchronie, créant un univers dans lequel le héros découvre sa propre vision du futur. Voyage dans l’espace, trottoir mécanisé, base lunaire, le décor est passionnant, élégant et ne souffre aucunement de cette asphyxie que l’on ressent lorsqu’on se plonge dans le steampunk. La trame, sans être vraiment original, est néanmoins rondement bien menée. Les questions politiques sont présentes mais l’auteur ne se lance pas dans une propagande pour l’un ou l’autre système politique, même si par l’intermède des extraterrestres il nous propose une réflexion sur le socialisme et plus particulièrement le communisme.
Le style est riche, utilisant un vocabulaire peu habituel. Je regrette de ne pas avoir noté quelques mots afin de m’en enrichir. A un chapitre narrant les pérégrinations des gentils, l’auteur fait suivre un intermède mettant en scène les méchants, créant ainsi une dynamique dans le récit efficace.
Mélange ingénieux d’une période de l’Histoire française avec des personnages emblématiques ayant vécus à l’époque, ajoutez une dose savamment distillée de science-fiction, et vous obtiendrez une délicieuse uchronie au délicat parfum de vapeur punk.
La suite de cette œuvre est d’ores et déjà disponible dans votre librairie préférée.

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Dernière mise à jour : ( 19-10-2007 )
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