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Destination vide de Frank Herbert Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Emmanuel Donnet   
19-06-2006

Couverture de l'édition Presses Pocket de 1978 - Peinture de W. Siudmak

Titre : Destination vide (cycle "Programme conscience)

Titre original : Destination : VOID

Auteur : Frank Herbert (vous savez, celui de Dune)

Parution originale : 1966, retravaillé en 1978

Un livre poussé sur la conscience et les raisons de son apparition chez l'homme.

L'histoire en une phrase : La nef intersidérale Terra est envoyée vers Tau Ceti, chargée d'un équipage ombilical de quatre personnes, de trois Noyaux Psycho-Organiques et quelques milliers de colons en hibernation, afin de coloniser ce système.
Ce que j'en ai pensé : J'entends déjà les courageux qui ont lu le livre s'insurger de ce que mon résumé monophrase de cet ouvrage ne mentionne que la face visible de l'iceberg. C'est bien là mon propos : l'histoire n'en est pas une. C'est un prétexte - au sens noble du terme - pour aborder une problématique tout aussi noble : la conscience. 
Frank Herbert va s'atteler, avec force de moyens qu'il maîtrise avec brio, à montrer comment l'équipage de Terra va essayer de faire surgir de leur ordinateur de bord une conscience qui les aidera à naviguer jusqu'à bon port. Ces moyens sont : électronique, mathématique matricielle, neurobiologie, informatique...
Je suis un amateur de tout ce qui touche à la conscience (ce fut le thème de mon mémoire). Je pense que c'est ce qui m'a permis de lire l'histoire jusqu'au bout. En effet, Herbert a beau maîtriser les domaines par lesquels il aborde cette problématique, il a beau également décrire à merveille les relations qui se tissent entre les membres de l'équipage, j'ai trouvé la lecture ardue, malgré ma formation scientifique de neuropsychologue. 
Beaucoup d'idées intéressantes mais qui sont malheureuesment noyées dans un discours technologique. À déconseiller clairement aux allergiques de hard-science.
Au cours de la lecture, je me suis rendu compte d'un point qui m'a ennuyé : perdu dans ses considérations technique, l'auteur a omis de parler d'une distinction fondamentale lorsqu'on aborde la consicence : son "niveau". Il considère de prime abord qu'il parle de conscience autonoétique  (méta-conscience, conscience d'ordre supérieur d'Edelman, conscience P de Block, i.e. conscience d'avoir conscience) ou, pire, ne voit pas de différence entre celle-ci et la conscience noétique (conscience "tout court"). Herbert y fait quelques vagues allusions mais j'ai trouvé que le traitement d'une dimension si importante est par trop absente, surtout en regard de l'armada scientifique déployée par ailleurs.
Ma conclusion : Prouesse en termes de conceptualisation technique et de description d'un huis clos psychologique, qui révèle à nouveau le talent multiple de Frank Herbert. Malheureusement difficile à lire car trop axé sur les aspects purement matériels avec passage sous silence de questions fondamentales plus accessibles.

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